Résoudre des problèmes n'est pas l'apanage du design. Le garagiste résout des problèmes. Le médecin résout des problèmes. Le mathématicien résout des problèmes. Le primeur, le cordonnier, le plombier aussi. Et au-delà de toute profession : chaque fois qu'un humain rencontre une situation bloquante et trouve une issue, il résout un problème. Ce n'est pas une compétence distinctive : c'est une activité ordinaire de la vie.

Pourtant "résoudre des problèmes" est devenu la définition dominante du design. Elle a une logique : elle rend le design audible dans un monde cartésien, orienté vers l'efficience. Elle parle le langage des entreprises. Elle justifie les méthodes. Elle s'intègre parfaitement dans le système idéologique moderne.

Mais un design réduit à la résolution de problèmes n'a plus à projeter une vision du monde : il doit livrer une réponse. Il n'a plus à sublimer l'existence : il doit éliminer des frictions. L'horizon se réduit à ce qui est déjà posé comme problème par le système qui commande. Il quitte alors le champ du design pour devenir ingénierie de l'expérience.

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Une définition proposée par Rémi Garcia.

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