Le design a fondamentalement une volonté humaniste. Et il le croit sincèrement. "Centré sur l'humain." "Résoudre des problèmes." "Améliorer la vie des gens." Cette promesse est si profondément intégrée qu'on ne la questionne plus : elle est devenue la justification même du métier.

Mais le design ne s'est pas développé hors sol. Il est en réalité le reflet de son contexte, façonné par des courants de pensée qui se sont superposés sans jamais être vraiment choisis. L'hygiénisme, qui définit ce dont l'habitant a besoin sans lui demander. Le taylorisme, qui décompose l'activité humaine pour l'optimiser. Le modernisme, qui fait de la simplification une vertu universelle. Le béhaviorisme, qui traite l'humain comme un système de réponses à des stimuli. Le capitalisme industriel, qui pose la croissance comme horizon naturel.

Ces courants ne sont pas des références théoriques. Ils sont actifs dans les méthodes, les frameworks, le vocabulaire quotidien de la profession. Il suffit d'écouter pour les entendre. "Réduire la friction." "Mesurer l'impact." "Rationaliser les pratiques." Chacune de ces formules est la traduction directe d'une vision du monde héritée du XIXe siècle : l'humain est connaissable, le monde est optimisable, et le designer est celui qui, armé de la bonne méthode, améliore la relation entre les deux.

La cage est invisible parce qu'elle est intérieure.

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Une définition proposée par Rémi Garcia.

Démarche et bibliographie.