Pour une Renaissance du design
14Répondre aux enjeux modernes nécessite que le design00 renoue avec une tradition humaniste et utopiste trop oubliée aujourd'hui. Son vrai pouvoir n'a jamais été de résoudre des problèmes13 : c'est de rendre des futurs habitables maintenant.
Chaque artefact02 bien conçu est un fragment de monde possible incarné dans le présent, une façon de vivre rendue concrète, tangible, désirable.
Les grands enjeux de notre époque ne manquent pas de réponses. Ils manquent d'incarnation. Nous savons à peu près ce qu'il faudrait faire. Ce que nous ne savons pas encore, c'est comment rendre ces directions désirables, normales, évidentes, comment les inscrire dans l'expérience quotidienne plutôt que de les laisser dans le registre du sacrifice ou du renoncement. C'est précisément le registre du design.
Reprendre cette posture exige de nommer ce que le design fait réellement : il projette une vision du monde04.
Il faut que nous repensions nos modes de production et de distribution. De sortir des idées préconçues qu'on rabâche sans les questionner. Que nous focalisions notre travail sur d'autres valeurs. Autonomiser plutôt que conditionner. Sublimer plutôt qu'optimiser. Ouvrir au vivant plutôt qu'extraire. Diversifier le monde plutôt que de l'aligner.
Mais également, cela implique de repenser le rôle du designer pour lui permettre d'assumer un point de vue, de choisir ce qu'on veut encoder plutôt que de l'hériter. Refaire du designer, seul ou en collectif, un auteur.